Thierry Ardouin
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  • La bonne mauvaise graine?

    “Et en effet, sur la planète du petit prince, il y avait comme sur toutes les planètes, de bonnes herbes et de mauvaises herbes.
    Par conséquent de bonnes graines de bonnes herbes et de mauvaises graines de mauvaises herbes. Mais les graines sont invisibles.
    Elles dorment dans le secret de la terre jusqu’à ce qu’il prenne fantaisie à l’une d’elles de se réveiller”.

    A. de Saint-Exupéry, Le Petit Prince.

    La graine est une merveille d’apparence. Elle est une perfection de forme et de couleur. Elle possède une morphologie à la fois nécessaire et bizarre, propre à susciter l’étonnement, l’interrogation ou la contemplation. Choisies, éclairées et cadrées avec le plus grand soin, ces graines perturbent notre subjectivité de spectateur: elles deviennent des symboles qui, loin d’une image générique, interrogent notre rapport à l’origine.

    Parce qu’il veut contrôler la nature, l’homme a également domestiqué les semences pour améliorer les rendements, et la production alimentaire. Les semences utilisées de nos jours doivent obéir à des règles de standardisation et être inscrites au Catalogue Officiel des Espèces et Variétés. Les agriculteurs ont l’obligation de recourir à ces semences certifiées et doivent les racheter chaque année, car la plupart sont des hybrides, donc non reproductibles.

    En marge de ce circuit officiel, différents réseaux et associations refusent de faire enregistrer les semences qu’ils commercialisent, celles issues notamment de variétés anciennes, revendiquant, en quelque sorte, la libre circulation des graines, ainsi que la liberté de leur reproduction.

    Nous sommes donc dans une opposition frontale, avec d’un côté des semences certifiées, standardisées, légales qui produisent des légumes de même forme, de même calibre, de couleur semblable. Et de l’autre des semences de variétés paysannes, naturelles, adaptées à leur terroir, librement échangées et produisant des légumes aux formes variées, de facto illégales.

    Au-delà de cette “guerre des graines” toutes les semences utilisées dans l’agriculture moderne sont issues de variétés sauvages. Et c’est parce que depuis des centaines d’année, l’homme sélectionne avec soin, et échange en toute liberté les variétés les plus adaptées à son terroir que nous bénéficions d’une telle diversité.

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