Photographes / Yohanne Lamoulère
Arènes – Artères
Atlanta, 2025
What we play is life.
Louis Amstrong
Je suis partie à Atlanta après avoir visionné The Whole Gritty City – un documentaire d’André Lambertson et Richard Baber dans le cinéma de mon quartier à Marseille. Les questions que soulèvent cette pratique musicale du sud des États-Unis, les marching bands, me paraissait faire écho à ce que j’ai mis en travail pendant des années à Marseille : celles de la communauté, du « faire corps », du lien identitaire à la ville, au quartier, le rapport à la discipline dans des espaces malmenés, le lien au costume et plus largement à la représentation de soi. Dans le cadre d’une résidence à la Villa Albertine j’ai suivi trois orchestres dans des high schools de différents quartiers d’Atlanta : Jonesboro, Southwest DeKalb et South Gwinnett. Outre les classes d’instruments, j’ai photographié des matchs, des battles, des parades. J’ai été introduite par Trayon Hall, clarinettiste, fabuleux personnage et professeur particulier de certains de ces jeunes. Trayon a sélectionné ces écoles selon quatre critères : historique, musical, géographique et racial. En découle d’une part une série faite avec un boîtier Fujifilm qui traduit l’aspect célébratif, la communion des stades, la ferveur des entraînements et d’autre part une série réalisée au Rolleiflex qui représente le calme, la maitrise et la droiture des jeunes musiciens. Au-delà d’une simple pratique musicale lycéenne, les marching-band peuvent s’enorgueillir d’une forte dimension intergénérationnelle et communautaire. C’est également un véritable tremplin social : une discipline capable de réunir des jeunes autour d’une pratique collective et libératrice afin qu’ils ne soient plus aspirés par la rue. J’ai fait le lien avec ce qui existe en France et je me suis simplement dit « c’est ça qu’il nous manque ».






























