Photographes / Maxime Riché
Metaformance
2023-2024
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une résidence à La Capsule – résidence de création photo Le Bourget et au Collège international de photographie dirigé par Michel Poivert. Il était centré sur le corps et la performance, en préparation des compétitions d’escalade des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, organisées au Bourget.
Depuis la nuit des temps nous gravissons les parois et les sommets. Cette quête verticale est vouée à ne jamais aboutir : nous serions alors rattrapés par la gravité de notre condition terrestre. J’ai voulu retracer la métamorphose de l’Homme mû par son envie d’ascension tournée vers les cimes des parois rocheuses et monts inaccessibles. Faisant corps avec la roche par un contact presque animal, le grimpeur effleure par le toucher les aspérités minérales pour mieux les voir. Ce désir s’est peu à peu transformé en quête de performance, dirigée vers les contours du corps. La technique peut réparer les corps quand cela est nécessaire, mais quand il faut répondre aux besoins du spectacle, peut-être serons-nous bientôt tentés, d’après les chercheurs, de modifier notre corps dans un but de performance, sportive ou sociale.
J’ai laissé mon imaginaire arpenter un monde où l’Homme et la matière entreraient en fusion, une recherche non seulement de performance, mais de « métaformance » : une hybridation de l’humain, de la technique et de la matière pour dépasser la limite de nos capacités physiques alors qu’elles plafonnent en compétition. Dans un futur où nous serions augmentés, pouvons-nous imaginer un grimpeur connecté aux capteurs qui réagissent déjà à sa pression sur les prises d’escalade ? Pourrons-nous lâcher prise sur notre désir de victoire ? Quelles limites accepter pour notre corps ?



















